Présentation : Casa Negra

Publié le par cinemasfi

Casa Negra est le dernier long métrage cinématographique de Nour-Eddine Lakhmari.  Il s'agit d'un film noir qui se passe dans les bas-fonds du Casablanca d'aujourd'hui où deux amis, Karim et Adil, préparent un dernier coup. "Casa Negra" est le Mean Streets de Lakhmari. Hommage à Scorsese, le réalisateur américain qui l'a tant influencé. 

Après son premier film le Regard, Lakhmari revient avec une histoire casablancaise. L'histoire de Karim et Adil, deux amis d'enfance qui vivent de petites combines. Bien que noir, le film n'est pas dénué d'espoir et le synopsis plante d'emblée le décors: "un Casablanca d'aujourd'hui, chaotique mais beau, violent mais attachant". Casa Negra est porteur d'espoir comme le sont ses protagonistes. Adil et Karim cherchent inlassablement une issue pour eux et pour ceux qu'ils aiment. Ils veulent croire que les magouilles auxquelles la dèche les contraint n'auront qu'un temps.
"Pour jouer Adil et Karim
, déclare Lakhmari, j'ai voulu des acteurs parfaitement inconnus du monde du cinéma. Ils n'ont jamais étudié l'art dramatique. Et pourtant, ils vont surprendre tout le monde. Ils ont su dégager la force et la violence que j'attendais de mes personnages." 

story-board4.jpgD'autant que Lakhmari aime les surprises. Son script n'est jamais complètmement bouclé et il y laisse toujours une place pour l'improvisation ou pour l'inspiration du moment. "De nombreuses scènes d'anthologie sont dues aux hasards de l'improvisation. J'ai eu ce genre de moments sur Casa Negra avec mes acteurs. Les acteurs amateurs sont plus faciles à diriger car ils sont plus perméables à la vision du réalisateur. Les acteurs professionnels sont parfois déroutés face à mes exigences et j'ai souvent eu des situations tendues où il fallait que je m'impose. C'est ça aussi le métier de réalisateur." continue-t-il.
 

Film noir... et blanc

Lakhmari n'entend donc surtout pas faire un film social ou moral, il nous raconte avant tout une histoire. Celle de Karim et Adil qui mettent toute la force de leur espoir et toute l'énergie de leur jeunesse dans "un dernier coup" monté par un petit mafieux local. Loin de dénoncer le désenchantement d'une génération et la décrépitude d'une ville, Casa Negra raconte l'histoire d'amour des protagonistes pour leur cité et met ainsi à nu leur humanité. Les personnages de Lakhmari, toujours profonds et complexes, brillent d'intelligence dans l'univers sombre de la débrouille.

"Casa Negra", c'est le côté sale de la capitale économique du Maroc, la ville pas si blanche de Casablanca. C'est l'ancien Casa, celui qui vit de la débrouille mais aussi de la solidarité que la dêche rend obligatoire. "Casa Negra", c'est la moitié oubliée de Casablanca. 

Le film est donc basé sur une dualité fondatrice: le Noir et le Blanc. Une dualité que Lakhmari a travaillé visuellement en rendant sa photo aussi proche du noir et blanc que la pellicule couleur ne le permet. "Le chef lumière et le directeur photo sont les postes clés d'un tournage. La post-production ne peut pas rattraper une mauvaise lumière. L'atmosphère visuelle du film se crée sur le plateau", affirme le réalisateur, très pointilleux sur ses ambiances. 


Casablanca, Casanegra
story-board2.jpgLa dualité du thème et de l'ambiance se traduit aussi dans les décors, les lieux et les moments de tournage. "Casa Negra a été un film particulièrment épuisant, continue le réalisateur, car il s'est principalement tourné la nuit. Je voulais capturer cet autre Casa qui vit quand les autres dorment."


Autre choix esthétique lourd de sens, Lakhmari a pris pour décors les vieux quartiers Art Déco de Casa. Vestiges d'une autre époque, leurs murs blancs aux formes encore majestueuses se détachent des trottoirs noirs de crasse et de misère. 

Et puis "Casa Negra", c'est le voyage de deux jeunes de la ville noire vers les lumières de la ville blanche. Là où les villas des notables et des bourgeois regorgent des trésors ignorés des habitants des bas quartiers. Lakhmari utilise la dualité sociale du Maroc pris dans la spirale du libéralisme comme trame de fond de l'intrigue de ce film noir. Un film qui se veut pourtant porteur d'espoir et de moments magiques qui viennent briller dans la nuit du Casa des pauvres. 

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